Foujita
Foujita comme un chat à Deauville.
Inconnu à Paris en 1913, lorsqu’il débarque du Japon, Foujita devient vite une figure du Montparnasse et rencontre le succès dès 1921 avec des nus féminins qui deviennent le motif central de son œuvre…parallèlement à sa passion pour les chats, qu’il a dessiné comme nul autre. Dandy et séducteur, il est avec Van Dongen et Raoul Dufy, l’un des peintres adoré par le Deauville des années folles.
Dès qu’il arrive en France Foujita (1886-1968), se lie rapidement d’amitié avec Modigliani, Soutine, Zadkine, Rivera et rencontre Picasso. Il arpente le Louvre, il s’imprègne des nouvelles expérimentations de la peinture, dont Montparnasse est l’un des foyers les plus créatifs. Ce faisant Il élabore alors un trait caractéristique, qui mêle ses origines nippones à sa fascination pour les gravures de la Renaissance.
En 1925, année où il découvre Deauville, Foujita croule sous les commandes et gagne désormais très bien sa vie. Les années folles sont pour lui des années fastes. Il passe plusieurs étés à Deauville entre 1925 et 1928.
Comme Van Dongen, Foujita sait très tôt séduire et utiliser pour sa notoriété les actualités cinématographiques, Pathé ou Gaumont, nouveau grand média de l’époque. Il y apparait aux côtés de personnalités à la mode : Mistinguett l’emmène avec elle sur les champs de courses, Kiki de Montparnasse pose pour lui,…
En août 1925, il est invité à Deauville avec sa femme Youki (qui s’éprendra plus tard du poète Robert Desnos) : « J’ai été invité à Deauville avec Mistinguett et d’autres à l’hôtel Normandy. On m’a proposé d’y rester aussi longtemps que je voulais et de me faire servir les déjeuners et les diners les plus fins. La chambre n’était pas mal non plus. La raison en était que ma présence rassemblerait plus de gens sur la plage. On me calomnie d’avoir été un objet publicitaire ; mais cela n’a pas d’importance, parce que à mon avis, il n’y a pas de raison valable pour cela. »
Sur la plage et sur les Planches, les photographes le sollicitent également. Très coopératif, il fend pour eux, les vagues aux cotés de Suzy Solidor et du caricaturiste Marcel Vertés. Pour le photographe de l’Agence Roger Viollet, il s’empare d’un crayon géant et fait semblant de portraiturer la chanteuse sur un petit carnet…. Un autre jour, il revêt un maillot recouvert de cartes à jouer tandis que Suzy Solidor apparait, vêtue d’un filet de pêche lesté de petits rectangles de liège.
Dans ses souvenirs Quarante ans de la vie à Deauville (Fasquelle-1952) Michel Georges Michel, célèbre chroniqueur de Deauville raconte la fausse modestie du peintre :
« … Et Foujita est là. Si Van Dongen se promena en matelot sur la plage et en gorille aux soupers de gala, le peintre japonais s’est fabriqué un costume d’esquimau avec des kashas de chez Rodier. »
… «… des boucles d’oreilles dans le nez, les lèvres rougies au naturel, il marche sur les mains pour gagner sa place au Bar du Soleil ou bien porte Mistinguett sur ses épaules pour lui faire prendre son Cinzano. Il n’est plus de fête sans lui. On l’invite partout et il refuse. Sa Villa est la plus belle, sa femme aussi. Son auto est grosse comme celle de Picasso qui traverse Deauville sans plus se retourner que Melle Yvonne Georges quand elle chante.»
Foujita est un artiste éclectique à la production abondante. Lors de son premier séjour en France (1913 à 1931), sa vie très médiatisée a créé un personnage, qui prend parfois le pas sur son œuvre au point de rendre celle-ci secondaire. Pourtant durant ce séjour de dix huit années en France, Foujita est un peintre très actif, qui réalise des fresques monumentales pour le Cercle Interallié et le pavillon japonais de la Cité Universitaire… C’est à cette époque qu’il dessine et peint avec des couleurs douces et des lumières nacrées, des corps de femmes alanguies et des chats assoupis.
Ces chats qu’il aimait, Foujita en a laissé de délicieux croquis, des gouaches vives, qu’il restitue avec un pinceau doux comme une caresse, des chats tigrés et facétieux saisis sur le vif. Fouijita peint les chats comme il peint les femmes. Ce faisant il rejoint Bonnard, Steinlein … et tous les peintres qui ont appris de leurs chats : l’agilité, la marche à pas de velours, la volupté des canapés… et la silencieuse observation des autres.
Philippe Normand
ÉVÉNEMENTS À VENIR
du vendredi 07 octobre 2011 au vendredi 25 mai 2012
PROGRAMME CULTUREL 11/12
du dimanche 08 janvier au lundi 31 décembre 2012
EN 2012, LUCIEN BARRIÈRE HÔTELS ET CASINOS FÊTE SON CENTENAIRE !
du vendredi 13 avril au samedi 30 juin 2012
EXPOSITION "LA ROSE BLEUE"
du vendredi 20 avril au lundi 15 octobre 2012
EXPOSITION DE PLEIN AIR : "DEAUVILLE ET LE CINÉMA"
du samedi 12 mai au dimanche 26 août 2012
EXPOSITION AU HAVRE : "UNE MER D’ARGENT, LES ARTS DE LA TABLE À BORD DES PAQUEBOTS"
Dans le cadre de "Le Havre un été passionnément France" et "Deauville passionnément Normandie"
du samedi 12 mai au dimanche 23 septembre 2012
EXPOSITION AU HAVRE : "FRANCE, LE ROMAN D’UNE VILLE, LE HAVRE"
Dans le cadre de "Le Havre un été passionnément France" et "Deauville passionnément Normandie"













