Armand Esders
Armand Esders, 1889-1940
Industriel du textile,
collectionneur et bienfaiteur de Deauville
Armand Esders, dont le nom est inscrit depuis les années 30, sur la partie supérieure de la nef de l’Eglise St Augustin, est né à Anvers et a grandi à Neuilly. Son père, le drapier belge Henri Esders possédait la chaine de magasins de tissus : Esder. Ses parents viennent s’établir en France, deux ans plus tard. Armand Esders grandit à Neuilly dans l’Hôtel particulier que possédait ses parents.
A l’issue de ses études dans un collège de Jésuites de la rue Franklin, son père l'envoie aux Etats-Unis en 1909 avec 1 million de francs or pour monter des affaires à New York.
Il en revient avec des centaines de machines révolutionnaires et souhaite faire évoluer l’entreprise dans la confection et la commercialisation de vêtements.
Après avoir hérité de l’entreprise familiale, Il créé une chaine de magasins de vente en France et en l'Europe… jusqu'à Saint Petersbourg !
En 1920 Il épouse Yvonne Lescure, fille d'Alfred Lescure, propriétaire de florissantes affaires de dentelles à Issoire.
En 1929, séduit par Deauville, il achète, la Villa « Tulla-More », qu’il rebaptise « Bertiane », du nom de ses eux enfants : Bernard et Christiane. Passionné par l’automobile, la navigation de plaisance et l’aviation, il possède un yacht et une vingtaine d’automobiles.
Il y reçoit les personnalités deauvillaises de l’époque dont le Commandant Terris avec qui il parlait le grec ancien et ses amis André Citroën, ou l’aviateur et constructeur d’avions Henri Farman….
Ces amitiés sont en phase avec ses trois passions : l’automobile, le yachting et l’aviation.
Le Deauville des années 30 va lui permettre de s’y adonner pleinement.
Alors que beaucoup d’autres industriels consacrent leur fortune au service exclusif de leurs passions ; Armand Esders va affecter une partie de sa fortune personnelle pour accompagner l’essor de Deauville et conforter le bien-être et les loisirs des Deauvillais.
Entre 1929 et 1931, il participe au financement de la rénovation et de l’agrandissement de l’Eglise Saint-Augustin.
Toutes ses passions le mènent à Deauville
* L’aviation
Chef d’entreprise, Armand Esders est un industriel visionnaire attentif à l’essor de l’aviation. En 1929, il achète auprès de son ami Henri Farman, un premier avion, un Farman 180. Il recrute comme mécanicien, un ancien pilote de la guerre de 14, puis achète en 1930, un Farman 190 "Le jade vert II" , et un avion d'acrobatie un Morane 230. Il ne pilote aucun de ses avions et demande à ses pilotes, lorsqu’ils atterrissent à Deauville, de se poser sur le terrain de Polo.
Son hydravion Douglas amerrit, quant à lui sur la mer, en face de sa villa.
C'est en 1929 qu’Eugène Colas, Maire de Deauville, envisage de construire un aérodrome sur le site de Saint Gatien. Armand Esders s’enthousiasme pour ce projet et participe à l'achat du terrain de 108 hectares.
Promoteur aux côtés de L’Etat et de la Ville, de l’aéroport de Deauville-Saint Gatien, inauguré en 1931, il finance aussi, toujours sur ses propres deniers, les travaux de terrassement et de déblaiement. N’hésitant pas pour que les délais soient tenus à faire venir du Canada, à ses frais, des bulldozers, Caterpillars nécessaires à la création des pistes.
Il prend en charge un peu plus d’un tiers du coût de construction de l’aéroport, tandis que l’Etat assumera un autre tiers et que la Ville réglera les 30 % restant.
Une fois l’aérodrome construit il donne à la Ville 500 000 francs en 1930 pour financer des meetings et manifestations aériennes de l'année 1931.
Entre 1929 et 1935, Armand Esders aura dépensé ainsi 2 550 000 francs pour l’aéroport et les manifestations qui s’y sont déroulées. Outre ce soutien financier, Armand Esders s’implique dans la création du Deauville Air Club constitué en septembre 1930 avec pour président Louis Bréguet et pour vice-présidents : Eugène Colas et André Citroën. En mars 1932, il crée le Deauville Aviation dont il devient le président. Pendant les deux premières années, il assume seul la charge financière de l’aéroport avant que la Mairie ne puisse accorder une subvention à Deauville Aviation, gestionnaire du terrain d’aviation par contrat avec la Mairie.
Armand Esders crée aussi une course d’aviation, entre Deauville et Cannes. Un aller-retour, en trois manches annuelles, entre 1934 et 1936. Il dote cette compétition, disputée lors de chaque édition par une trentaine de participants, de nombreux prix. L’aviateur le plus rapide des trois manches remporte alors La coupe Armand Esders.
L’Aéroport de Deauville est la contribution majeure d’Armand Esders à la Ville de Deauville. On mesure, 80 ans plus tard : le chemin parcouru depuis l’inauguration, le 28 juillet 1931, de l’aérodrome de Saint Gatien. Huit décennies après sa création, Saint Gatien s’appelle désormais L’Aéroport de Deauville Normandie. Entre 2005 et 2010 Le nombre de passagers y a progressé de 200% et on y aura accueilli 130 000 passagers en 2011.
Choisi par les deux Conseils régionaux de Normandie pour concentrer sur un seul site leurs aides financières sur, cet aéroport impulsé par Armand Esders est en train de devenir un aéroport au service de tous les normands.
* L’automobile
Propriétaire d'une vingtaine d'automobiles, Armand Esders participe régulièrement aux concours d’élégance de Deauville, avec sa Bugatti Royale, ses Rolls ou son Hispano-Suiza. Il demeure l’instigateur, en 1936, du Grand Prix de Deauville. Armand Esders en est le président et Robert Fossorier le Président d’honneur. Ce Grand Prix, que l’on a beaucoup évoqué à l’occasion du 150e anniversaire de Deauville, se déroulait sur les Lais de mer. Il n’a eu qu’une seule édition suite au décès de deux coureurs- automobiles.
* Le Nautisme
A Paris, il est membre du Yacht-Club d’Île-de-France, dont il finance la nouvelle installation après la Première Guerre Mondiale. A partir de 1933 il anime Le Deauville Yacht Club, où il créé: La coupe Armand Esders pour Papillons ou pour Hors bords. Il est également propriétaire de l’Aronia, Yacht de 65m de long, décoré par le célèbre ensemblier DUFET, gendre du sculpteur Bourdelle. Un navire qui mobilise 15 hommes d’équipage, tous gantés de blanc, y compris les mécaniciens de la salle des machines.
Le bateau fait régulièrement escale à Deauville avec un hydravion amarré à l'avant.
Chef d’entreprise visionnaire, attentif au progrès, esthète, Armand Esders était aussi un humaniste, éduqué dans les valeurs chrétiennes.
A une époque où le logement social n’était pas encore soutenu par l’Etat, il remet en 1930 un chèque de 50 000 francs à Eugène Colas, alors Maire pour financer, la construction rue de Verdun de trois logements ouvriers.
De 1935 à 1940, durant le premier mandat de Robert Fossorier, Armand Esders sera conseiller municipal de Deauville.
Sa vie s’achève le 11 décembre 1940, à 51 ans, des suites d’une longue maladie.
Parce qu’il avait le goût de la chose publique et qu’il a été l’un des bâtisseurs de Deauville, Deauville a baptisé de son nom la rue qui mène de l’ Avenue de la République à l’Eglise Saint- Augustin.
ÉVÉNEMENTS À VENIR
du vendredi 07 octobre 2011 au vendredi 25 mai 2012
PROGRAMME CULTUREL 11/12
du dimanche 08 janvier au lundi 31 décembre 2012
EN 2012, LUCIEN BARRIÈRE HÔTELS ET CASINOS FÊTE SON CENTENAIRE !
du vendredi 13 avril au samedi 30 juin 2012
EXPOSITION "LA ROSE BLEUE"
du vendredi 20 avril au lundi 15 octobre 2012
EXPOSITION DE PLEIN AIR : "DEAUVILLE ET LE CINÉMA"
du samedi 12 mai au dimanche 26 août 2012
EXPOSITION AU HAVRE : "UNE MER D’ARGENT, LES ARTS DE LA TABLE À BORD DES PAQUEBOTS"
Dans le cadre de "Le Havre un été passionnément France" et "Deauville passionnément Normandie"
du samedi 12 mai au dimanche 23 septembre 2012
EXPOSITION AU HAVRE : "FRANCE, LE ROMAN D’UNE VILLE, LE HAVRE"
Dans le cadre de "Le Havre un été passionnément France" et "Deauville passionnément Normandie"













