CHARLES ADDA

Architecte

L'homme qui a inventé les Planches de Deauville

90 ans après leur inauguration, ces cabines que les plus grands photographes de mode et nos visiteurs, photographient à longueur de journée, sont devenues, avec la plage et ses parasols, le décor le plus connu et le plus identifiable de Deauville.

Charles Adda en est l’architecte. Il est né en 1873 à Alger. Il est décédé en 1938 en Normandie à l’âge de 65 ans. Après avoir songé à faire carrière dans la marine, Charles Adda arrive à Paris à l’âge de 20 ans. Doué pour le dessin il s’oriente alors vers des études d’architecture. A l’Ecole des Beaux-arts de Paris il suit les cours de Victor Laloux, l’architecte de la gare d’Orsay. Quatre ans plus tard, Diplômé de l’École des beaux-arts de Paris en 1897, il ouvre sa propre agence rue Ampère (Paris 17e).

Natif d’Alger, Charles Adda adorait la mer. Né dans un milieu modeste, il était fasciné par la société qui fréquentait Deauville. Sa rencontre décisive avec le duc de Quincey l’amène à travailler pour une clientèle aux noms illustres : Boni de Castellane, le Duc de Gramont, la Comtesse de Greffulhe, le marchand d’art Georges Bernheim, la couturière Jeanne Paquin, habituée de Deauville,…  pour lesquels il construit de luxueux hôtels particuliers.

Parallèlement, de 1903 à 1914, Charles Adda  réalise de nombreux immeubles de rapport, le plus souvent dans l’Ouest parisien. Les références décoratives sont traditionnelles mais la distribution intérieure de l’espace est moderne.

Après la Grande Guerre, alors que débutent les années folles, Charles Adda devient en 1919 l’architecte attitré de la Société d’encouragement et des sociétés hippiques de Paris. Il conçoit alors la grande tribune en béton armé de l’hippodrome de Longchamp, puis celle de Chantilly et de plusieurs autres hippodromes en région parisienne.

Un architecte qui aime et comprend le monde du cheval et le monde ses courses ne pouvait qu’être attachant pour Deauville.

C’est justement par Deauville que Charles Adda passera à la postérité, en concevant ce qui reste son œuvre majeure : l’établissement des bains de mer, surnommé  Les Bains pompéiens, Un  ensemble de bâtiments édifié en deux tranches, entre 1922 et 1929.

En 1921, la municipalité d’Eugène Colas, lance un concours pour la création de cabines de bains, qui mobilise et met en compétition quinze architectes. Charles Adda remporte le concours.

Son projet de bains pompéiens a séduit. Par son architecture bien sûr, et par la gamme de services qu’il fédère : des boutiques, un café bar, un salon de coiffure, des bains de vapeur,  une buanderie, une laverie, et 250 cabines.

L’ensemble de la construction d’un seul niveau, reste délibérément bas, afin de libérer l’horizon, depuis la terrasse du casino qui fait face à la mer. 

A l’intérieur de la cour des bains ces cabines disposent toutes de l’eau courante (eau chaude et eau froide) et se répartissent en plusieurs catégories : du rince pied… à la baignoire de grand luxe.

Elles sont regroupées en îlots que délimite un réseau de galeries à portiques.

L’ensemble est dépouillé, avec des formes pures de béton, mises en relief et surtout en lumières par la polychromie de superbes mosaïques, où domine le bleu.

Pour ce projet, Charles Adda choisit avec soin ses prestataires : Marcel Bergue, ferronnier d’art, et surtout Alphonse Gentil & Eugène Bourdet qui réalisent les mosaïques.

Cet ensemble architectural est complété, cinq ans plus tard, en 1929 par la construction de nouvelles cabines, de boutiques et du célèbre Bar du Soleil.

L’Autre grande idée de Charles Adda, En marge de l’ensemble des cabines, qui s’appuie sur la cour des bains de mer, est d’avoir conçu, côté plage, une allée de planches, large de 7 m et longue de 643 mètres.

Dès son inauguration cette allée de planches, en bois d’Azobé,  va devenir : Les Planches, la plus célèbre promenade de Deauville.

En tournant le dos au style anglo-normand et au régionalisme qui dominait à l’époque l’esthétique des bâtiments publics, Charles Adda a donné aux bains de mer et au Bar du Soleil un style art déco unique, mâtiné d’orientalisme, bien en phase avec l’univers visuel des années folles.