TRISTAN BERNARD

Ecrivain

Terriblement occupé

Romancier et auteur de théâtre, Tristan Bernard est passé à la postérité comme humoriste et auteur de malicieuses définitions de mots croisés. En juillet 1912, il est invité à Deauville pour l’inauguration de l’Hôtel Normandy et du nouveau casino. Ce séjour sera suivi de beaucoup d’autres.

Il sera une figure estivale de Deauville durant 35 ans. Sa silhouette arrondie et sa longue barbe font le bonheur des caricaturistes. Dès 1912, Sem le représente, nageant au large, avec la barbe à fleur d’eau. Il trouve alors la plage de Deauville si vaste et la mer si lointaine à marée basse qu’il énonce cette formule : « Deauville c’est près de Paris, mais c’est loin de la mer ». En 1919,  il relate à son ami Pic ses journées : « Je mène à Deauville une existence calme mais terriblement occupée. Couché dès l’aurore, je me lève à midi moins dix. La splendeur du soleil au milieu du jour est un spectacle que tient à contempler dès son réveil tout homme un peu vertueux. Puis, pendant qu’une foule animée se presse sur la plage,  je m’abandonne à l’eau paisible de ma baignoire… A la Potinière, maintenant car il ne s’agit pas de flâner. De toute nécessité il faut souhaiter le bonjour à des quantités d’amis et connaissances que l’on n’a plus vus depuis la veille au soir et que l’on ne verra plus avant deux bonnes heures, sur l’Hippodrome. Puis on se pose une question angoissante : manger. Où déjeunera- t’on ?... »
Huit mois après son décès à Paris, Deauville inaugura le 15 août 1948, une rue à son nom, entre l’Hôtel Royal et le Point de Vue.