Meyer

Photographe

© Meyer
© Sandrine Boyer Engel

Invité au festival Planche(s) Contact en 2015

Originaire de Nîmes, Meyer a longtemps exploré les coulisses des arènes et les rituels de la corrida écrasés par le soleil du sud. Après avoir photographié les hommes et les taureaux en gros plan, il les a saisis du haut des arènes puis les a démultipliés dans des photomontages étonnants et singuliers. C'est avec ce regard et cette nouvelle passion pour la réalité recomposée que Meyer va découvrir et recomposer les rituels de La Coupe d'Or de polo de Deauville, créée en 1950, dans une ville où le polo se pratique depuis 1865.

« Pour cette édition 2015 de résidence à Deauville, je souhaite proposer un projet sur le thème du cheval, et en particulier sur l'univers du Polo. Je pense que ce terrain de jeu peut être le théâtre idéal pour aborder une composante essentielle de la ville par un prisme différent, celui d'une photographie contemporaine et ludique. Il est aujourd'hui admissible qu'une photographie se compose de plusieurs « présents ». Ce qui attise délicieusement l'ambiguïté qu'entretient la photographie avec le réel. Nous pouvons imaginer à loisir une série d'images, de compositions qui empilent différents instants d'une rencontre sportive ; ils apparaissent alors comme suspendus dans un désordre apparent à ce qui va suivre… une espérance permanente du futur, l'inconnu de la victoire ou de la défaite.

Il s'agit ici de s'amuser des questions métaphysiques et de proposer une photographie joueuse et fantastique, afin, en quelque sorte, de mettre le Polo à l'envers. D'autre part, je me laisse la possibilité d'aborder le sujet du cheval de manière plus large, de célébrer sa beauté et l'imaginaire qu'il déploie. Comme le décrit François Cheval : « Le processus photographique n'aime rien tant que ce qui est inopiné, l'accident. La pertinence de l'objet photographique ne s'acquiert que par sa capacité à s'éloigner de l'attendu et des présupposés de départ »– Meyer-

Photoreporter de la nouvelle génération, Meyer est membre fondateur du Collectif Tendance Floue qui puise ses thématiques de reportage dans une approche sociale et humaniste. En tant que reporter Meyer est venu photographier Deauville pour le magazine Le Pélérin en octobre 2012.

Meyer utilise la photographie pour se confronter à une réalité fuyante. Le regard qu'il porte sur les territoires occupés de Palestine donne lieu à une série de onze images silencieuses et déchirées. A partir de 2003, et durant cinq ans, il suit le parcours du Cinéma Numérique Ambulant en Afrique de l'Ouest et photographie la rencontre improbable entre le cinéma africain et son public. Il produit ainsi sa série « Mon frère lumière », visages de spectateurs pendant la séance de projection cinématographique. Puis, il commence à pratiquer le photomontage. Il réalise les «Portraits décalés», au Mali, qui sont une proposition de voyage photographique. À chaque image, le décalage entre le personnage et son décor, un paysage parfois pris à des milliers de kilomètres de Bamako, produit sa propre poésie.

2012 – Invité en résidence à Madrid par Cobertura Photo, il entame un travail approfondi sur l'univers de la corrida. 2011 – Publication du livre Dans le cinéma, l'enfant spectateur, co-édition l'Alhambra Ciné Marseille et Tendance Floue. 2010 – La série Portraits décalés est présentée au festival Head On en Australie.2007 – 3e Prix du World Press Photo (catégorie Arts et spectacles) pour la série Mon Frère Lumière. 2006 – La série Mon Frère Lumière est présentée aux Rencontres d'Arles. 2005 – Exposition de la série Putain de Maïeutique Camarguaise aux Rencontres d'Arles. 2002 – Exposition de la série Palestine à La Maison Européenne de la Photographie à Paris. Prix spécial du Jury Paris-Match pour cette série.