Suzy Solidor

Chanteuse

Célèbre, très célèbre, puis oubliée

Mannequin, puis modèle des plus grands peintres, chanteuse, patronne de cabaret, puis antiquaire,… Célèbre, très célèbre, puis oubliée, Suzy Solidor (1900-1983), a profondément marqué la peinture, la chanson et la chronique deauvillaise des années 30. Femme émancipée, elle a côtoyé les plus grands artistes du XXe siècle.

Née bâtarde et pauvre, en 1900, en Bretagne, Suzanne Rocher deviendra à 20 ans : Suzy Solidor, garçonne célèbre de l’entre deux guerre. D’une beauté singulière, elle est tour à tour, mannequin, puis modèle pour plus de 200 peintres dont : Tamara de Lempicka, Foujita, Marie Laurencin, Man Ray, Van Dongen et Francis Bacon.

La Fille aux cheveux de lin, fascine et inspire les peintres, les poètes et les femmes qui aiment les femmes. C’est à Deauville où elle se rend régulièrement à partir de 1919 que Suzy Solidor monte pour la première fois sur scène. En juillet 1929 elle fait ses débuts dans la chanson, au cabaret Le Brummel’s qui se trouvait sur l’arrière de l’actuel magasin Hermès.

Chanteuse célèbre des années 30, première chanteuse télévisée en 1935, elle a ouvert trois ans plus tôt, à Paris son cabaret La vie parisienne. On y croise Cocteau, Colette, Churchill, Kessel et Mermoz qui en tombe éperdument amoureux.

En 1938 elle chante son plus gros succès : Escale (Le ciel est bleu la mer est verte, laisse un peu la fenêtre ouverte,…) avant de créer en 1942 la version française de Lily Marlène.

Léo Pol, compositeur du Galérien (et père de Michel Polnareff) est son pianiste. Elle donne l’un de ses premiers engagements à Charles Trénet et découvre Marguerite Monnot, qui l’accompagnera aussi au piano et dont elle chante, en 1936, Mon légionnaire.

Elle est l’une des premières interprètes à chanter Le parapluie de Georges Brassens et inspirera Georges Moustaki lorsqu’il écrira Milord pour Edith Piaf.

Son ultime tournée en 1952 la ramènera en juillet sur la scène du casino de Deauville.

Jusqu’en 1961 elle animera, l’été, les nuits deauvillaises du cabaret Le Brummel’s.

PhN

Au-delà d’une chanteuse c’est un monument incomparable.

Rien ne ressemble et n’a ressemblé à ce qu’a été Suzy Solidor

Jean-François Kahn