KEES VAN DONGEN

Peintre

© collection Gilbert Hamel
© Gilbert Hamel - Ville de Deauville

Le "roi" des Planches

Lors de l’été 1913, Van Dongen et sa famille passent leur premier été à Deauville. Lors des années folles, Van Dongen adopte Deauville. On le croise aux courses, à la plage et au Bar du Soleil. Sa longue silhouette, sa barbe blanche et sa pipe le rendent vite reconnaissable parmi les célébrités qui font l’image et l’animation de Deauville.

Né en Hollande, Kees Van Dongen, s’établit définitivement à Paris en 1900. En 1905, ami de Derain et Vlaminck, il partage l’aventure des peintres Fauves. Il s’installe à Montmartre au Bateau-Lavoir et rejoint la bande à Picasso aux côtés de Salmon, Apollinaire, Dorgelès et Mac Orlan. Ses portraits le rendent célèbre et déclenchent de nombreuses commandes. C’est justement une commande de portrait, d’un armateur du Havre, qui va attirer le célèbre peintre des années folles, sur les côtes normandes, vers 1910.
Van Dongen profite de ces premiers séjours à Deauville pour concevoir en 1920 avec le couturier Paul Poiret, un livre sobrement intitulé Deauville. Paul Poiret écrit les textes, tandis que Van Dongen illustre avec un ensemble d’aquarelles représentant le casino, La Potinière, les courses, la plage et ses élégantes. Une première série de ses aquarelles est à Paris en novembre 1920. Deauville, livre très recherché aujourd’hui par les bibliophiles, paraîtra en 1931, enrichi d’une seconde série d’aquarelles réalisée en 1929. En mars 1921, Van Dongen témoigne une nouvelle fois de son regard sur Deauville en exposant à la galerie Bernheim- Jeune, vingt quatre toiles. Après la guerre, en 1947, il retrouve Deauville où il redevient le Roi des Planches. On le retrouve, régulièrement photographié dans les magazines grand public. En 1955, il réalise une affiche pour Le gala blanc puis une affiche touristique pour promouvoir Deauville. Au début des années 60, à plus de 80 ans, Van Dongen revient chaque été à Deauville en prenant pension à l’Hôtel Normandy, où son nom figure sur les registres jusqu’en 1963.

Van Dongen c’est le lent nonchalant aux yeux pétillants. Si je le baptisais je l’appellerais «  Zigomar » ou  « Glouglou »…
Jacques Henri Lartigue, journal, février  1923

Au Havre, un armateur d’origine hollandaise désirait que je fasse son portrait. Je suis allé chez lui, j’ai brossé son portrait puis je suis allé me promener sur la côte, qui était très jolie, à Honfleur, à Trouville. Deauville m’allait comme un gant. J’y retrouvais ma clientèle et ça ressemblait à la Hollande. A cause de la lumière.
Van Dongen.
Entretien avec Henri Perruchot, Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 7 août 1958